Avant d’être un déchet, l’emballage rend bien des services. Il constitue notamment un levier de réduction du gaspillage, en protégeant son contenu. Ainsi, d’après le Conseil national de l’emballage (CNE), ses impacts négatifs sont largement compensés par les impacts évités. Qu’en est-il pour le carton ? Est-il si écologique ? Carton Vert a mené l’enquête.

Le carton est-il un matériau d’emballage polluant ?

L’impact environnemental du carton dépend de trois facteurs.

Le mode de production du carton

Pour limiter l’impact du carton sur l’environnement, il est préférable d’utiliser des sources d’énergie propres. Comme le précise ProCarton, l’association européenne des fabricants de cartonnages et carton, cette industrie fait office de bonne élève en matière d’utilisation durable de l’énergie.

La majeure partie de l’énergie primaire utilisée provient de la biomasse et des sous-produits du bois. Ils fournissent une énergie renouvelable sous forme d’électricité et de vapeur. Cela évite à l’industrie de la pâte, du papier et du carton d’utiliser des sources d’énergie non renouvelables (pétrole, charbon, gaz d’origine fossile).

En Europe, plus de neuf usines de carton sur dix ont installé des centrales de production combinée de chaleur et d’électricité (PCCE). Les cartonneries se servent de l’énergie et de la chaleur produites pour la fabrication du carton. Grâce à l’engagement de la filière dans le développement de procédés industriels moins polluants, sa consommation d’énergie a chuté de 30 % en 20 ans3.

Le deuxième élément est le choix des matières premières. L’usage de matières premières recyclées (plutôt que de la matière vierge) est à privilégier. En effet, 1 tonne de cartons fabriquée à partir de papier recyclé permet d’économiser 4 m de bois. Elle utilise 100 fois moins d’eau et 3 fois moins d’énergie. Les fibres de récupération sont la principale matière première de l’industrie papetière (81,6 % de l’approvisionnement global). L’un des leviers phares pour limiter l’impact environnemental du carton est la gestionresponsable des forêts. En France, les usines de fabrication de pâte et de papier sont implantées dans des régions forestières, comme les Landes, le Limousin ou les Vosges. Comme le stipule l’AFIFORE sur son site, elles participent à l’entretien des forêts et à leur développement. 73 % du bois utilisé pour fabriquer du papier-carton est certifié FSC® et PEFC. La forêt française a doublé sa surface depuis 200 ans.

L’utilisation du carton

En Europe, la moitié du papier produit est utilisé pour l’emballage. Certains emballages en carton, notamment alimentaires, sont à usage unique. Par conséquent, leur durée d’utilisation est très limitée. Comme le démontre l’association Zero Waste France, l’impact sur l’environnement d’un emballage réemployable est moindre comparé à son équivalent à usage unique. D’où l’importance de maximiser le réemploi des cartons pouvant avoir une seconde vie, à l’image des emballages déjà utilisés en bon état.

La fin de vie du carton d’emballage

Si le carton est correctement recyclé, son impact environnemental est réduit. Chaque année, 2,2 millions de tonnes de CO2 sont évitées grâce au recyclage des emballages. Cela représente l’équivalent de 1 million de voitures en moins sur les routes. Tous les cartons se recyclent, sauf les cartons souillés. La matière se réutilise jusqu’à huit fois. Au-delà, la fibre se dégrade.

Fin de vie du carton : le réemploi est une alternative plus écologique au recyclage

Le recyclage n’est pas aussi vert qu’il en a l’air. Énergivore, il requiert d’importantes quantités d’eau. En outre, il emploie des produits chimiques pour la décomposition des fibres du papier. Le réemploi n’utilise, quant à lui, pas une seule goutte d’eau. La production d’une tonne de cartons nécessite entre 40 000 et 400 000 litres d’eau. Aussi, chaque tonne de cartons réemployés économise 182 000 litres d’eau en moyenne. Plus écologique que le recyclage, le réemploi allonge la durée de vie des cartons, tout en limitant les émissions de CO2. Pour une tonne de cartons réemployés, ce sont entre 968 kg et 1 134 kg de CO2 évités par rapport à une tonne de cartons recyclés. Enfin, le réemploi diminue les coûts en lien avec l’achat de nouveaux emballages. Le coût d’un carton réemployé est de 30 à 50 % moins élevé comparé à celui d’un neuf.

L’amélioration continue de l’empreinte environnementale de l’industrie papetière

Depuis de nombreuses années, les entreprises papetières mettent en œuvre des actions fortes pour limiter l’impact de leurs activités sur la planète.

Les 3 points clés à retenir :